En août 1881, l’ingénieur et industriel Georges Montefiore-Levi (1832-1906) est invité à Paris pour le Congrès international des Électriciens. Organisé par le Gouvernement français en marge de l’Exposition internationale d’Électricité, ce congrès réunit, au palais du Trocadéro, « les électriciens les plus illustres ».

Montefiore est fasciné par l’incroyable potentiel des applications électrotechniques. De retour à Liège, il propose au Recteur de l’Université de Liège, Louis Trasenster, de créer un institut d’enseignement électrotechnique au sein de l’Université. Le Recteur est justement occupé à créer sept instituts scientifiques, grâce à un important budget accordé en 1879 par le gouvernement du liégeois Walthère Frère-Orban. L’Institut électro-technique sera le huitième.

Inauguré en 1883, l’Institut occupe initialement l’auditoire de botanique, place de l’Université (aujourd’hui place du Vingt-Août). Montefiore, décide d’y financer l’installation de laboratoires, d’ateliers et de salles de cours. Un coup d’accélérateur providentiel qui permet à l’Institut électro-technique, dont la direction est confiée au Professeur Éric Gérard (1856-1916), d’acquérir rapidement une prestigieuse renommée internationale.

Liège, au faîte de sa gloire industrielle, compte alors dix ans d’avance sur Paris. L’École supérieure d’électricité – aujourd’hui Supélec –, ne sera créée qu’en 1894. 

Les étudiants affluent des quatre coins du globe et les ingénieurs sont rapidement à l’étroit dans les bâtiments de la place de l’Université. L’État propose alors de céder le bâtiment de la rue Saint-Gilles, occupé jusqu’alors par l’École normale des humanités. L’Institut électro-technique s’y installe en 1891.

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L’auditoire de l’Institut électro-technique, construit en 1902. Photo : Quanah Zimmerman

Montefiore y finance – à nouveau – l’extension des bâtiments et, notamment, à gauche dans la cour d’honneur, une construction de style néoclassique, à la façade en briques et calcaire, qui abrite un vaste auditoire de trois cent places. Inspiré – dit-on – du célèbre  amphithéâtre londonien de la Royal Institution dont Michael Faraday était un habitué.

Au débuts des années 1960, certains services sont transférés au Val Benoit, mieux adaptés aux évolutions technologiques. Dans les années 1970, l’architecte Jean Maquet dessine les premières esquisses du nouveau bâtiment de l’Institut au Sart Tilman qui sera inauguré le 3 mai 1978.

Classé en 1993, le site de la rue Saint-Gilles, à l’imposante façade en pierre blanche et calcaire, construit de 1881 à 1883 selon les plans de l’architecte liégeois Émile Demany et très légèrement transformé en 1885 par Paul Jaspar, sera occupé par l’Institut supérieur d’architecture Lambert Lombard jusqu’en 2005. Les bâtiments sont aujourd’hui à vendre.

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