Eglise Saint-Guibert de Gembloux (1779)

PORTAIL EN PLEIN CINTRE DE L’ÉGLISE SAINT-GUIBERT DE GEMBLOUX (1779)
30 MARS 2016 BY QUANAH ZIMMERMAN
Le 6 août 1678, Gembloux est ravagée par un terrible incendie. Ni l’abbaye bénédictine, fondée au dixième siècle et déjà incendiée par les Hollandais en 1678, ni son église abbatiale ne sont épargnées.
L’incendie de 1678 survient alors que Gembloux est déjà exsangue suite aux guerres de religion du quinzième siècle suivies par celles menées par Louis XIV contre l’Espagne.

Il faudra attendre près d’un siècle pour que soit réédifiés le monastère et son église. Les plans sont signés par Laurent-Benoit Dewez, architecte néo-classique des des Pays-Bas autrichiens et spécialiste des constructions religieuses.

L’abbaye et l’église sont terminés en 1779, après plus de dix-sept ans de travaux. Pourtant, à peine dix-huit an plus tard, les ordres religieux sont supprimés dans la foulée de la révolution française et l’abbaye est mise en vente en 1797. L’église abbatiale devient alors paroissiale en 1812.

Vue de la façade et son portail en plein cintre, issu de la construction primitive, marqué d’une clé feuillagée et surmonté d’un fronton triangulaire.

Le clocher à bulbe de l’église Saint-Martin à Virelles

LE CLOCHER À BULBE DE L’ÉGLISE SAINT-MARTIN (XVIIIE) À VIRELLES
29 MARS 2016 BY QUANAH ZIMMERMAN
En Wallon, c’est l’èglîje Sint-Maurtin. L’église Saint-Martin à Virelles, petit bourg de la Botte du Hainaut, aujourd’hui une section de la ville belge de Chimay. Et son clocher à bulbe.

Cette église rurale a été construite au dix-huitième siècle sur les berges de la rive gauche de l’Eau Blanche. Cet affluent du Viroin, aux eaux chargées en boues crayeuses et blanchâtres de la Calestienne, alimentait notamment la forge Monseu, une des deux forges virelloises actives jusqu’à la première moitié du dix-neuvième siècle.

Retour à Saint-Martin. A l’intérieur de cette église rurale à nef unique, trois autels en Rouge belge – du marbre de Rance, célèbre pour avoir été utilisé au dix-septième siècle lors de la décoration du Chateau de Versailles. Pour les colonnes de la façade, les pilastres de la galerie des glaces mais aussi pour les nombreux manteaux de cheminées. Tellement de marbre qu’au final, il sera nécessaire de tracer, à travers les champs et forêts, une route entre Renlies et Cousolre afin d’acheminer les pierres.

LE CLOCHER À BULBE, ARTIFICE BAROQUE.
A la fin du dix-neuvième siècle, le clocher de l’église Saint-Martin est détruit par un incendie et reconstruit en forme de bulbe.

Le bulbe, un élément architectural qui se retrouve également sur la tour Saint-Jacques à Namur (1388), beffroi de la ville depuis 1746. Une tourelle octogonale – un lanterneau (1) – surmonté d’un bulbe est ajoutée au dix-septième siècle.
Le Beffroi de Gembloux ou encore celui de Mons sont également coiffés de bulbes.

À Dinant, le clocher à bulbe de la Collégiale est plus ancien encore.

Le clocher de l’église de Dinant est un immense pot à l’eau. Cependant, la façade de l’église a un grand caractère, et toute la ville se compose à merveille. – Victor Hugo, 1838.

Hugo n’est pas le seul à remettre en question l’esthétique de ce clocher bulbeux, ajouté en 1566. Après la Première Guerre mondiale, lors de la reconstruction de la Collégiale, certains s’opposent à la réédification du clocher baroque, lui préférant un style antérieur au XVI siècle. Après des débats houleux, c’est pourtant le clocher à bulbe qui s’imposera.

Drôle. Je n’avais jamais fait le lien avec les clochers à bulbes qui émergent avec l’architecture baroque et qui caractérisent principalement les clochers des églises orthodoxes russes ou encore des églises catholiques bavaroises.

Ces Zwiebelturms – ou Купал-цыбуліна – sont pourtant remis au goût du jour au dix-neuvième siècle par des architectes néo-baroques, et fleurissent en Alsace, en Lorraine, en Deutschschweiz (Suisse allemande) ainsi que dans le Hainaut franco-belge. Outre l’église de Virelles, la ville de Chimay compte deux autres clochers bulbeux : les clochers de la Collégiale et du château des Princes.